A propos

Dessinatrice autodidacte, la découverte de la gravure est pour moi un événement fondateur et libérateur. Je me forme à cette technique exigeante aux côtés de Florence Hinneburg aux Ateliers de la ville de Paris (Paris Ateliers). La grande précision et le processus rigoureux de cette pratique m’offrent alors un nouveau champ d’expression aux multiples possibilités.

La transition, le passage et la disparition sont autant de fils conducteurs tissant l’univers de mes travaux. Chaque nouvelle œuvre vient prendre sa place dans une chaîne chronologique, comme les épisodes d’un grand récit. Mes personnages doivent accomplir une série d’épreuves, passer par de nombreux états et connaître mille sensations avant d’être autorisés à passer de l’autre côté. 

Lorsque j’imagine une image, c’est de sensations que je pars. Tirer, pousser, surgir, échapper, céder… J’accueille mes personnages comme des invités dans le décor que j’ai prévu pour eux ; leur confiant outils et missions. A ce moment du processus, je ne les connais pas encore. C’est quand le burin ou la pointe commence à tracer les visages, les expressions, les regards, que je rencontre mes personnages. Leurs corps se font le miroir des remords, des errances, des cicatrices du passé, couches successives de l’apprentissage. Ils quittent alors l’idée que je m’étais faite d’eux pour incarner ceux qu’ils sont réellement. Jusqu’à l’épreuve finale, je dois négocier la construction de mon récit avec ces nouveaux amis aux attitudes mystérieuses, ces familiers qui échappent peu à peu à mon contrôle et me proposent de nouvelles histoires.

Travaillant jusqu’alors presque exclusivement à la pointe sèche sur cuivre, j’ai, il y a quelques années, rencontré le burin. Je me forme à cette technique auprès de Sabine Delahaut. La recherche de l’effet spontané du trait à l’aide d’un outil dont le maniement appelle la lenteur représente pour moi le franchissement d’une étape importante dans l’exercice de ma pratique. Le rythme du sillon patiemment creusé impose un travail préparatoire exigeant dans lequel je m’épanouis pleinement. Au moment des derniers états, je viens parfois doucement bousculer la logique géométrique du burin et apporter un léger déséquilibre aux personnages, une lumière inattendue en arrière-plan, un accident sur un visage…

Je suis née en 1984 à Paris, où je vis et travaille. En parallèle de l’atelier de gravure des Arquebusiers, j’ai été membre de l’atelier Sfumato à Montreuil avant d’avoir la chance d’acquérir une presse taille-douce en 2020 et de pouvoir installer mon atelier chez moi.

Je suis membre des associations Le Trait – Graveurs d’aujourd’hui et Pointe et Burin ainsi que de la Fondation Taylor.

Liens

https://www.letraitgraveurs.com
https://www.pointe-et-burin.fr
https://www.paris-ateliers.org
https://www.taylor.fr/